ps chevilly larue
INTERVIEW

Le seul espoir d’un réel changement politique, c’est le vote socialiste !

Benoît Hamon, eurodéputé, porte-parole du Parti socialiste et candidat en Île-de-France.

mardi 19 mai 2009 par B.TRANCHANT

À quelques jours du scrutin, l’eurodéputé, Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste et candidat en Île-de-France, évoque pour nous les enjeux de ces élections.

Quels sont les principaux enjeux des élections européennes ?
La majorité sortante est confrontée à une crise sans précédent, par sa brutalité et son ampleur. Et, pour être clair, elle s’est montrée incapable, tout au long de la mandature, d’apporter une réponse cohérente aux problèmes qui nous préoccupent aujourd’hui. Cette politique s’est soldée par un échec cuisant. Au point de fragiliser un peu plus encore les Européens. Nous payons là l’absence d’une réponse coordonnée mêlée à l’atonie, la faiblesse et les petits calculs du couple franco-allemand. L’un pêchant par vantardise, l’autre par égoïsme.

Quel(s) message(s) entendez-vous adresser aux électeurs ?
Les Français, et parmi eux, les fonctionnaires, doivent se rappeler que nous sortons de dix années de casse du service public. À ce rythme, la situation ne fera qu’empirer, au prix d’une précarisation accrue des statuts et d’un recul sensible de l’emploi. Sans compter que la modération salariale et les délocalisations sont la conséquence directe de la concurrence sociale et fiscale. Là où nous sommes pour la modération, la droite vante l’esprit de concurrence. Ceux qui souhaitent accélérer le rythme des délocalisations n’ont qu’à reconduire le PPE au pouvoir. N’hésitons pas à poser les vraies questions. Les retraités sont-ils ou non favorables à la poursuite de la libéralisation des services de santé ? Et donc, la privatisation des soins ? À l’avenir, il sera de plus en plus difficile pour les patients de se soigner dans de bonnes conditions et de bénéficier de remboursements de qualité. Il ne tient qu’à eux de manifester leur volonté de changer de cap. Le raisonnement vaut pour l’ensemble de nos concitoyens.

Que répondez-vous à ceux qui se disent volontiers tentés par l’abstention ?
L’Europe ne saurait se résumer au versement de subventions propres à financer telle ou telle initiative locale. Elle fonde sa légitimité sur le principe d’une union politique et monétaire forte. José Manuel Barroso et les libéraux conditionnent, pour leur part, la compétitivité à la baisse des salaires et au coût du travail. C’est d’ailleurs le principe qu’ils ont mis en application au cours des dernières années, en s’efforçant de faire reculer le périmètre de l’État et en laissant libre cours aux lois du marché. Ils sont par ailleurs convaincus de la nécessité de revoir les cotisations sociales à la baisse pour rester compétitifs.

Faut-il ou non poursuivre cette politique ?
Bien sûr que non ! D’où la volonté des socialistes de proposer une directive cadre sur les services d’intérêts généraux, ponctuée par la mise en place d’un Smic européen, la convergence des législations sociales et l’inscription d’une clause transversale pour assurer le primat du droit social sur la concurrence. Histoire, surtout, de préserver les salariés européens du fléau libéral.

N’y a-t-il pas un risque de voir certains éléments contestataires se reporter sur des partis minoritaires ?
À Chevilly-Larue, comme dans le reste du pays, les électeurs doivent exprimer leur mécontentement en privilégiant une démarche féconde. Et pour être totalement clair, le seul groupe qui pourra se hisser en tête, à l’issue du scrutin, c’est le Parti socialiste européen (PSE). Le seul espoir d’un réel changement politique, c’est le vote socialiste !

Quel est le mot d’ordre pour le scrutin du 7 juin ?
Cette date doit marquer la première étape de reconquête du pouvoir par la gauche. Les Français savent à qui ils doivent la situation dans laquelle ils se trouvent. Ce vote leur offre l’occasion d’exprimer une bonne fois pour toute leur colère. Sont-ils prêts ou non à donner un nouveau blanc-seing à la droite ou souhaitent-ils changer la règle du jeu ? C’est toute la question. Nous sommes convaincus, pour notre part, que la crise c’est la droite et la solution, la gauche.

Propos recueillis par Bruno Tranchant

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