ps chevilly larue

« Le sport n’est pas le parent pauvre de l’éducation »

mardi 29 septembre 2009 par B.TRANCHANT

Brigitte Bourguignon, Secrétaire nationale en charge des sports, revient sur la contribution à l’élaboration du Projet dont elle est l’auteur.

Vous venez d’hériter du poste de Secrétaire nationale au sport. Comme appréhendez-vous cette fonction ?
C’est une véritable opportunité, d’autant que la question du sport est amenée à occuper une place de choix dans notre projet. Cela fait d’ailleurs très longtemps qu’une telle opportunité ne s’est pas présentée, et je ne puis que m’en féliciter. Sans compter que la législation actuelle dans ce domaine doit beaucoup à la gauche - lois Avice (1984) et Buffet (2000) - et que rien n’a été fait depuis 2002, en-dehors du champ du « sport business ».

Vous êtes l’auteur d’un document d’étape sur la contribution à l’élaboration du projet dans le domaine du sport et des activités physiques. Quelles sont vos propositions ?
L’élitisme et l’excellence sont indissociables du principe d’exemplarité. C’est pourquoi nous devons impérativement rendre à l’amateurisme ses lettres de noblesse. Sans compter qu’il nous faut reconquérir le mouvement associatif et l’éducation populaire, en favorisant l’accès universel au sport, des plus démunis aux personnes âgées.
Nous entendons également revaloriser le statut du bénévolat et veiller à la rénovation des équipements publics. Sans pour autant négliger le sport de haut niveau qui doit servir de locomotive au sport amateur avec le soutien de l’État et du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), en portant l’effort sur la formation et la reconversion.

À l’ère du professionnalisme et de l’argent roi, existe-t-il encore une place pour le service public ?
Il existe un socle de valeurs qu’il nous faut impérativement préserver. À commencer par l’usage des deniers publics qui ne sauraient profiter à une catégorie limitée de disciplines, comme c’est malheureusement le cas avec le football. Les transferts réalisés cet été à Lyon et Marseille représentent ainsi à eux seuls la totalité des sommes allouées chaque année par le Centre national pour le développement du sport (CNDS) à l’ensemble du mouvement sportif français. Tout ceci doit changer ! Le raisonnement vaut tout autant pour la marchandisation des jeunes sportifs, abandonnés à leur triste sort, dès lors que la réussite n’est pas au rendez-vous…

Une réforme profonde des pratiques sportives scolaires n’est-elle pas souhaitable ? Une réflexion doit être menée sur l’accès du plus grand nombre à l’éducation physique, en portant l’effort sur le Premier degré. C’est à ce niveau précis qu’un travail de sensibilisation s’impose. Et qu’une réforme doit être engagée pour permettre au plus grand nombre possible de jeunes d’accéder à la pratique d’une discipline. Le sport n’est pas le parent pauvre de l’éducation.

Propos recueillis par Bruno Tranchant

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