ps chevilly larue

Discours prononcé par Martine AUBRY lors du rassemblement des secrétaires de section du Dimanche 1er février 2009

mardi 3 février 2009



Tout d’abord, mes chers camarades, merci à vous, non pas pour ces applaudissements, mais ces applaudissements vont vers vous, sur ce que vous êtes capables de montrer déjà depuis deux mois aux Français sur ce qu’ils attendent de nous et j’ai l’impression qu’il y a déjà quelques regards qui nous voient à nouveau, qui ont l’impression que nous sommes là, que nous sommes là pour tendre la main, mais que nous sommes là aussi pour proposer beaucoup.

Je voudrais vous dire le plaisir, je dirai même la joie de vous retrouver, de retrouver, hier les premiers fédéraux, et aujourd’hui les secrétaires de sections. Vous dire d’abord bravo puisque vous avez été élus par les militants, et puis aussi bravo parce que depuis votre élection il y a beaucoup de nouveaux, certains m’en ont parlé dans les couloirs. Vous n’avez pas chômé ! Et ce n’est rien à côté de ce qu’il nous reste à faire. Je le dis tout de suite, au début, parce qu’à la fin, autrement, vous allez dire : elle exagère, elle en demande trop.

Mais non, je sais que vous n’allez pas dire ça car je sais qu’on est tous dans le même mouvement.

Donc vous dire que cette journée est très importante. Cette journée, vous qui représentez les militants du Parti socialiste. Et les militants du Parti socialiste, c’est la force de notre parti.

Quand on voit l’UMP, dont le Président de la République est le président, on nous fait des grandes journées où tout le monde est d’accord avec tout le monde, enfin devant les caméras, pour mieux se battre derrière, où l’on exclue du gouvernement certains ministres pour les faire candidats aux élections européennes pendant que certains les remplacent avec avidité. Moi, je vois des militants, des dizaines de milliers de militants qui sont aujourd’hui près des Français, aux portes des usines, de l’hôpital de la Poste, qui étaient là, j’y reviendrai, dans les manifestations, mais surtout, surtout, qui travaillent à porter nos propositions car nous sommes un parti de responsabilités, un parti qui a vocation à revenir au pouvoir dès que nous le pourrons parce que la France s’enfonce, parce que l’Europe s’enfonce et qu’est-ce qu’on a besoin de nous.

Et votre présence aujourd’hui, c’est d’abord ce sens-là, je pense, qu’elle a, pas seulement pour nous, pas seulement pour moi bien sûr, mais pour les Français aussi qui nous regardent.

Et je voudrais dire qu’aujourd’hui on est finalement partagé un peu entre deux sentiments : un sentiment d’inquiétude forte. Beaucoup l’ont dit, et notamment les camarades qui sont intervenus. La crise dans laquelle s’enfonce notre pays, nous savons qu’elle va être lourde, qu’elle est déjà forte de conséquences sur le pouvoir d’achat des ménages, sur la crainte pour l’avenir, sur les licenciements, il y a eu des témoignages qui nous l’ont rappelé avec la force et l’acuité de cette crise, mais nous savons aussi qu’il y a une crise morale, une crise démocratique dans notre pays liée à la façon dont le Président de la République traite aujourd’hui notre République, tout simplement.

C’est le premier sentiment, un sentiment noir, gris, inquiet. Et puis à côté il y a les socialistes, des socialistes qui retrouvent des couleurs, leurs valeurs, j’aime bien d’ailleurs cette petite rose qui nous a été concoctée, qui nous montrent dans notre diversité, dans nos couleurs, dans les couleurs de la France, dans sa diversité, mais aussi dans l’enthousiasme de porter fort et haut les valeurs qui sont les nôtres et les réponses qu’attendent les Français.

Alors, c’est vrai qu’on commence à être de retour, si je puis m’exprimer ainsi, dans une phrase pas très française mais qui dit bien ce qu’elle veut dire, et on a besoin de nous.

Si je regarde ces dernières heures et les événements qui viennent de se passer en France, on voit quelle société Nicolas Sarkozy est en train de construire, ou plutôt quelle société il détruit et dans quelle société il nous mène.

Je voudrais dire un mot de la tempête qui a secoué le Sud-Ouest de la France et beaucoup de nos camarades qui sont ici ont été jour et nuit, en tant qu’élus, sur le terrain auprès de nos concitoyens. Nous avons vu dès le lendemain le Président de la République et toute une myriade de ministres devant les caméras, mais malheureusement sans beaucoup de moyens pour lutter contre les dégâts.

Nous avons vu le Président de la République, bien imprudemment, annoncer : dans cinq jours, tout sera rétabli. Et aujourd’hui 40 000 foyers sont encore privés d’électricité et 50 000 en ont grâce à des groupes électrogènes.

Nous avons vu, et nos camarades élus nous l’ont dit, nous avons vu arriver l’armée sans moyens. Nous avons vu les salariés d’un certain nombre d’entreprises, des agents des services publics, d’EDF, des services incendie, de la police, de nos Départements et de nos Régions qui tous étaient là sur le terrain.

Nous avons vu aussi, n’en déplaise à Xavier Bertrand, des fonctionnaires, des agents publics, jour et nuit, y compris le jour de la grève avec un brassard noir pour bien dire qu’ils étaient en grève pour défendre le service public et défendre le pouvoir d’achat, travailler pour les Français.

Et nous devrons, dans les jours qui viennent, faire le point, faire le bilan et montre que là aussi, quand on défend les services publics, c’est une certaine conception de la solidarité, mais aussi de l’efficacité, que nous défendons.

Le deuxième événement lourd que vit actuellement notre pays, c’est la situation en Guadeloupe. La Guadeloupe, ce département qui est un concentré des problèmes de notre pays, un concentré des inégalités, un concentré des atouts de la France qu’on ne sait pas développer. Et quand aujourd’hui ce collectif, unissant toutes les forces progressistes, dit : « Nous ne pouvons plus vivre ainsi, nous voulons des décisions contre la vie chère, nous voulons augmenter les salaires, nous voulons le gel des loyers, nous voulons des conditions pour notre développement. », comme nous le demandons avec eux, et comme nos camarades, Victorin Lurel, président de la Région et notre camarade président du Conseil général l’ont eux-mêmes montré en apportant 54 M€ à leur soutien, nous demandons à l’État d’agir. Nous ne voulons pas seulement d’un ministre, d’un secrétaire d’État qui arrive pour dire de belles promesses, nous voulons des moyens.

Dans la manifestation, j’entendais ce slogan : « Non au bla-bla, du pouvoir d’achat. » En Guadeloupe, on dit au Secrétaire d’État : « Non au bla-bla, du pouvoir d’achat, de l’argent tout de suite car nous en avons besoin. » Nous sommes avec eux et nous pensons à eux aujourd’hui.

Le troisième point sur lequel, dans cette actualité, je voulais mettre le doigt, beaucoup en ont parlé, c’est cette dernière décision du Président de la République de limoger un préfet, le préfet de la Manche qui n’a pas réussi à l’empêcher de voir les manifestants.

C’est vrai qu’en juillet, il avait déclaré que, quand on fait grève en France, et vous remarquerez que quand il dit quelque chose qui porte atteinte à la France, qui humilie certains Français, il a un petit sourire ironique. Et il avait dit avec ce sourire inimitable : « En France, quand on fait grève, personne ne s’en rend compte. »… Ces jours-ci, on s’en rend compte. Quand il est allé faire ses vœux partout en région, les manifestants étaient là : ceux de l’hôpital, ceux de la Poste, ceux de l’université et de la recherche, ceux de la culture, mais il y avait, entre lui et eux, des rangs de CRS. Mais on ne peut pas encore interdire aux Français de parler. On peut peut-être essayer de faire taire l’audiovisuel public, peut-être essayer de museler la justice, mais on ne peut pas faire taire les manifestants, et ils seront là encore dans la rue.

Alors, mes chers camarades, je le dis très simplement, je suis fonctionnaire d’origine et je crois que la fonction publique, c’est ce qui fait la sorte, comme les services publics, de notre pays. C’est ce qui défend l’intérêt général, c’est ce qui permet de donner à chaque territoire, à chaque homme, à chaque femme, les possibilités de se développer et de s’émanciper. Quand le Président de la République, qui disait d’ailleurs qu’il voulait faire de tous les Français des propriétaires, se croit aujourd’hui propriétaire de la France. Il défigure la République quand il somme les agents et les hauts fonctionnaires de l’État de le servir au lieu de servir l’intérêt général. Cela aussi, nous allons le dénoncer très fortement.

Et puis cette décision annoncée hier de faire un nouvel EPR, c’est une autre façon aussi de décrire ce qui se passe dans notre société : sans concertation, de faire et de livrer l’atome si sérieux, si dangereux, sans avoir réfléchi à un service public de l’énergie que nous demandons, à EDF, mais aussi à GDF-Suez qui est aujourd’hui une entreprise privée. Non, cela non plus, ce n’est pas possible et, dans notre projet, nous définirons les conditions d’un service public de l’énergie, et sans doute aussi d’une Europe de l’énergie, qui à la fois nous permette l’indépendance et permette la sécurité de nos concitoyens. Là aussi, on peut préparer l’avenir, on ne peut pas prendre des décisions qui aident les entreprises privées.

Voilà la France d’aujourd’hui, voilà celle qu’on nous prépare, et puis voilà ce que nous essayons de faire. Et depuis deux mois je crois que nous disons tous la même chose : nous sommes un parti de gouvernement. Nous sommes un parti de responsabilités. Mais nous sommes un parti de gauche. Aussi, nous dénonçons les injustices, c’est le cœur même de l’engagement de chacun d’entre vous, nous ne supportons pas les injustices et les inégalités, c’est cela qui nous fait être aujourd’hui dans le principal parti de gauche de notre pays. Alors oui, nous dénonçons, mais comme nous sommes un parti de gouvernement, c’est-à-dire quoi ? Tout simplement des hommes et des femmes qui croient qu’on peut faire bouger la société, qui croient qu’avec de la volonté on transforme ces inégalités en opportunités pour chacun de réussir sa vie et pour tous de bien vivre ensemble. Nous proposons, parce que nous voulons être à nouveau au pouvoir pour changer la société, pour proposer un autre modèle, c’est cela aussi le socialisme.

Et puis nous agissons parce que, n’en déplaise au Président, et nous savons qu’il nous prépare quelques mauvais coups, nous sommes aux responsabilités dans la quasi-totalité des Régions, dans la majorité des Départements et dans beaucoup de villes. Et là où nous sommes, nous agissons justement pour mettre en pratique nos valeurs et pour agir là où le Parti socialiste aujourd’hui est présent.

Voilà simplement ce que nous devons faire dans tous les domaines qui aujourd’hui portent atteinte à notre République et à notre démocratie, dénoncer, proposer et agir.

Et c’est ce que nous avons commencé à faire face à cette crise économique et sociale qui nous a imposé dans l’urgence de dire : Non, il n’y a pas aujourd’hui de plan de relance en France parce que le Président de la République ne reconnaît pas la réalité de la crise dans laquelle nous sommes inscrits. Rappelez-vous son discours de Toulon, avec des accents d’extrême gauche, on pourrait dire. Nous, nous n’y avons jamais cru mais nous savons surtout qu’il ne suffit pas de brancarder quelques banquiers, de dire qu’il suffira d’ajouter quelques règles financières pour changer le système. Il faut un nouveau modèle. Et ce modèle, c’est celui que nous allons construire pendant les deux ans qui viennent, c’est là notre responsabilité forte et c’est ce qui nous amène à nous réunir déjà aujourd’hui.

Parce que nous partons du diagnostic de la crise, cette crise qui est la crise d’un système. Et quand on regarde quand même ce qui s’est passé ces dernières années, alors que certains avaient tiré la sonnette d’alarme, et nous n’étions pas les derniers, comment a-t-on pu laisser dans nous nos pays développés les dividendes atteindre 12 à 15 % d’augmentation chaque année alors même que la croissance n’était que de 2 à 3 % ?

Comment a-t-on pu laisser s’écarteler aussi, non seulement la répartition entre le capital et le travail, mais les rémunérations quand on sait qu’aujourd’hui les dirigeants des grandes entreprises gagnent en un ou deux mois ce qu’un SMICard gagne dans toute une vie de travail ? Comment a-t-on pu laisser faire cela ? Et comment s’étonner, alors que ce système injuste soit aussi un système, et on le voit aujourd’hui, qui n’est plus efficace économiquement, sans salaire, pas de consommation, sans consommation, pas de clients, pas de croissance, c’est bien le sujet aujourd’hui, et particulièrement de la France.

Mais on a aussi laissé des chefs d’entreprises regarder leurs stocks-options et leurs valeurs pour prendre des décisions au lieu de s’intéresser au développement économique et au développement de l’emploi de leur entreprise. On a perdu le sens de ce qu’était l’économie réelle au profit de la finance à court terme. Voilà le système dans lequel nous vivons, qui a conduit à une crise des sub-primes, mais qui n’est, cela a été très bien dit ce matin, qui n’est qu’un élément au-dessus de la vague, de l’écume. La vraie cause, c’est cet ouragan qui nous submerge aujourd’hui et contre lequel le Président de la République ne fait rien. Donc nous, nous savons que ce système marche sur la tête et nous savons qu’il ne suffira pas de quelques mesures, mais qu’il faudra repenser un autre modèle de société qui remet l’économique devant le financier, qui donne l’accès au droit à tous, qui surtout prévoit, organise une autre répartition des richesses chez nous, mais aussi dans le monde et qui soit capable de préparer l’avenir, un avenir durable. Et ce projet-là, nous ne le ferons pas seulement pour nous, mais nous le porterons avec l’Europe pour essayer de le porter ailleurs dans le monde. C’est cela le travail des socialistes dans les deux ans qui viennent.

Alors, c’est vrai qu’à très court terme il fallait réagir. Nous avons dénoncé, dénoncé le fait que la France est le seul pays à ne pas avoir réellement de plan de relance. Nous ne sommes pas les seuls à le dire, ces 26 Md€, tous les experts le disent, c’est 4 à5 Md€ nouveaux essentiellement, un plan bancal qui oublie la consommation, c’est un plan surtout qui ne répond pas aux besoins immédiats des Français qui, aujourd’hui, je pense aux salariés et aux retraités, n’arrivent pas à joindre les deux bouts et qui comprennent bien que les licenciements sont encore devant nous. Et je le dis très solennellement au Président de la République : le dur de la crise est sans doute devant nous, il est encore temps pour prendre des mesures, il est encore temps pour dire que votre politique nous a déjà menés dans la récession avant même la crise financière qui nous amène aujourd’hui dans la dépression, il est encore temps de dire que ce modèle, qui vise à donner toujours tout à ceux qui ont déjà tout, n’est pas celui qui porte, ni la justice, ni l’efficacité économique.

Alors oui, nous avons préparé un plan, je n’y reviens pas, nous y avons travaillé toute la matinée et nous avons besoin aujourd’hui de le présenter aux Français, pas seulement pour leur dire : « Nous, les socialistes, nous avons des réponses, nous sommes prêts à en débattre avec le gouvernement, » mais aussi pour leur dire : « la France a des atouts, la France a des atouts que Nicolas Sarkozy gâche aujourd’hui, il y a des espoirs à avoir ». S’il y avait une autre politique, si nous étions capables à très court terme de relancer ce pays pour ensuite porter des réformes structurelles qui le rendent plus juste, qui le rendent plus fort aussi par rapport à l’avenir, nous savons que c’est possible, et c’est cela aussi le message que derrière ce plan économique et social nous portons aux Français, un message d’espoir pour notre pays, et aussi pour l’Europe.

Et je voudrais vous dire combien j’ai été bluffée de voir comment vous avez réagi aussi vite, aussi vite alors qu’il n’était pas évident, effectivement, alors que nous avions présenté ce plan, sur lequel je remercie tous les camarades qui ont travaillé, tous les syndicalistes, les chefs d’entreprises, les experts qui nous ont aidés, les camarades qui nous ont fait remonter des fédérations, des Régions, des Départements, leurs propositions même si, nous le savions, nous étions dans l’urgence et que nous allions travailler de manière beaucoup plus collective pour préparer notre projet. Nous avons été là au bon moment, vous avez été là et vous l’avez dit depuis ce matin, dans les manifestations, dans ces lieux que nous n’aurions jamais dû quitter car, dans le fond, à ceux qui nous disent : Pourquoi vous êtes là ?, nous répondons : Nous aurions dû y être toujours. Nous retrouvons notre place, c’est tout. Cela ennuie peut-être certains, mais notre place est bien là.

Et ce plan, qu’on entende la droite nous expliquer que ça ne marchera pas alors qu’on applaudit Angela Merkel qui donne 500 € à chaque Allemand, alors qu’on s’apprête à applaudir Obama qui va donner 1 000 dollars à chaque Américain, mais quand c’est le Parti socialiste qui le propose, c’est ringard ! C’est bizarre.

Moi, ce que je trouve ringard, c’est de ne pas se rendre compte qu’on conduit la France dans le mur, c’est de vouloir considérer qu’on a toujours raison contre tout le monde. C’est d’aller avec plaisir dire aux hôpitaux : « On vous a donné beaucoup d’argent, vous n’en avez rien fait. » Comme on nous dira demain, mais nous serons là, aux collectivités locales : « Tout cet argent que vous avez et vous augmentez vos impôts ! » Mais nous serons là pour dire que ce n’est pas là la vérité et il faudra bien redescendre du Panthéon dans lequel se situe M. Sarkozy pour voir la réalité de la France, celle dans laquelle il nous met et nous serons là pour dénoncer, mais aussi, là aussi, pour proposer.

Alors, oui, nous dénonçons, nous proposons, et je sais que vous allez développer, pendant les jours qui viennent - nous avons dit mille manifestations, évènements, je sais déjà qu’ils seront beaucoup plus nombreux. Et je crois que ce plan, on peut le décliner, le décliner vis-à-vis des salariés licenciés. Alain Vidalies a dit très clairement ce matin les propositions qui sont les nôtres, les décliner vis-à-vis des Français qui ont peur pour leur pouvoir d’achat, Michel Sapin et Didier Migaud ont très clairement dit aussi ce que nous proposons, mais aussi, comme Guillaume Bachelay nous l’a montré, aller dire aux salariés de l’automobile qu’il y a des réponses pour porter l’avenir de cette grande industrie et de ses sous-traitants dont nous avons entendu un représentant ce matin.

Dire au bâtiment qu’en construisant 300 000 logements sociaux, non seulement nous répondons à un besoin de notre pays, mais qu’en même temps nous permettons à ce secteur majeur, rapidement, de redémarrer et de pouvoir en effet développer des emplois.

Dire aux PME, qui aujourd’hui, mes camarades, se retournent plus vers nous que vers la droite, parce que les PME sont souvent les représentants de l’économie réelle, ils reprochent à Sarkozy de ne parler qu’au CAC 40 et aux banques, tous ceux qui aujourd’hui font des bénéfices, continuent à en faire, mais ces PME qui nous demandent : où sont passés les 10 Md€ qu’on a donnés aux banques ? Comme ces particuliers qui n’arrivent pas à acheter un logement alors qu’ils ont tout à fait les moyens effectivement de le payer ? Oui, où est cet argent ? Et nous demandons, nous, de le régionaliser et d’aller là où sont les problèmes, là où les élus, les Chambres de commerce aussi, avec qui nous travaillons, les connaissent et où nous pouvons travailler. Voilà ce que nous allons décliner auprès de toutes ces populations et sachez que le Secrétariat national et moi-même sommes à votre disposition pour venir, si vous le souhaitez, animer avec vous ces réunions.

Et puis nous agissons, nous agissons là où nous sommes en responsabilité.

N’hésitez pas, avec nos élus, à montrer que partout où nous sommes, et là où nous le pouvons, car ce n’est pas toujours facile, nous prenons des décisions. Cela a été fait dans beaucoup de Régions, beaucoup de villes, nous anticipons un certain nombre de dépenses pour que nos artisans, nos PME puissent continuer à travailler.

Nous faisons en sorte d’aider les Français, là nous le pouvons, par rapport à leur problème de pouvoir d’achat : baisse du prix des cantines, du prix d’accès aux lieux culturels ou sportifs. Partout où nous le pouvons car ce n’est pas possible partout, vu ce qui arrive aujourd’hui aux collectivités locales, à qui Nicolas Sarkozy a confié beaucoup de missions mais n’a malheureusement pas donné les moyens financiers pour pouvoir les remplir.

Et j’en viens là au deuxième sujet qui nous a pris beaucoup de temps, mais je crois avec le succès d’avoir un Parti qui est capable de proposer, et nous sommes le seul. Il s’agit d’un projet d’une nouvelle décentralisation, mais d’un Parti qui n’oppose pas l’État et les collectivités locales, qui veut un Etat fort sur ses missions régaliennes, la justice, la police, un Etat qui porte la solidarité entre les territoires, en réalisant des péréquations et un Etat stratège qui prépare l’avenir. Oui, nous voulons un Etat fort, ainsi que des services publics forts mais nous voulons des vraies collectivités locales, autonomes, responsables, qui ont les moyens de développer leurs projets, au service de nos concitoyens, mais qui, aussi, aujourd’hui s’éloignent du contrôle tatillon de l’Etat, qui d’ailleurs, comme l’a très bien montré Elisabeth Guigou, coûte très cher à notre pays.

Alors, nous avons travaillé. Certains se sont exprimés, j’ai entendu Claudy Lebrton tout à l’heure, Elisabeth Guigou a porté ce travail également, avec nos camarades des régions, des départements, des communautés, urbaines et d’agglo, des villes de toutes les tailles pour essayer de dire ce que nous avions à dire à cette fameuse commission Balladur. Nous sommes là aussi en préparation de ce que nous aimerions faire dans notre projet.

Nous avons d’abord dit avec Jean-Marc Ayrault, Jean-Pierre Bel et Elisabeth Guigou, à Edouard Balladur que nous n’étions pas dupes, que sa commission pouvait être le faux nez de ce que malheureusement nous craignons, une décision de changer le mode de scrutin des régions, non pas pour accroître la démocratie, mais pour changer la couleur des présidents et des exécutifs de région.

Nous leur avons dit que nous n’accepterions pas cela, pas plus que le changement, pour les mêmes raisons, du mode de scrutin des départements. Nous avons dit aussi, par la même occasion, que nous ne pourrions pas accepter le charcutage électoral.

Mes camarades, nous allons nous opposer à ce bing bang institutionnel qui se prépare, avec tous les élus de gauche, pas seulement les élus socialistes, car il est inacceptable dans la République.

Mais nous avons dit aussi que notre deuxième inquiétude, c’était les finances locales, et qu’on ne pourrait pas faire des propositions institutionnelles sans traiter ce problème. C’est un problème sur lequel nous travaillons déjà.

Nous allons faire des propositions. Je ne redis pas ce que vous savez tous, sur la façon dont aujourd’hui nous sommes étranglés, sur les dettes que l’État a vis-à-vis des collectivités locales, je pense notamment aux départements que l’on charge en permanence de la solidarité sans leur en donner les moyens.

Nous leur avons dit que, là aussi, nous ne pouvions pas parler de décentralisation sans parler d’autonomie, qui passe par une fiscalité qui peut être partagée, qui n’est pas obligatoirement propre, mais qui permet une dynamique et qui donne à chaque élu la possibilité, effectivement, de jouer sur cette fiscalité pour pouvoir remplir ses missions.

Voilà aussi ce que nous avons dit avant de faire des propositions qui vous ont été présentées.

Mais finalement, mes chers camarades, que l’on parle de cette commission Balladur ou qu’on parle du formidable combat que mènent nos camarades députés et sénateurs et particulièrement ces derniers jours, nos camarades députés à l’Assemblée nationale. On peut les applaudir !

Quand le Président de la République nous avait annoncés dans la réforme constitutionnelle, vous allez me dire, nous nous étions méfiés, presque tous d’ailleurs, qu’il voulait renforcer les droits du Parlement, on a compris : il veut affaiblir les droits de l’opposition.

Ce qui s’est passé ces dix derniers jours est inacceptable. Il est inacceptable qu’on veuille limiter le droit de parole de l’opposition. Et nous retrouvons là, dans le fond, ce qui est fait avec la justice, ces magistrats repris, ces juges d’instruction qui ne devraient plus exister pour qu’enfin chaque affaire soit traitée de la Chancellerie et de la présidence de la République.

Nous n’acceptons pas cette loi de l’audiovisuel, et nos camarades aussi se sont battus au Sénat et à l’assemblée, qui veut mettre fin à l’indépendance réelle de l’audiovisuel public en la touchant par le biais financier, en nommant ses dirigeants.

Dans le fond, il s’agit bien du même projet, Benoît Hamon l’a dit ce matin. Le président de la République veut brimer tous ceux qui montrent, jour après jour, que ce qu’il fait n’est pas bien pour la France, sur le plan économique, sur le plan social, sur le plan même du projet de société.

Il y a un exemple particulier : ce travail le dimanche qu’il a eu le cynisme de nous présenter en pleine crise, comme si le sujet aujourd’hui était de dire aux Français : c’est formidable, vous allez pouvoir consommer sept jours sur sept, alors que le porte-monnaie ne se remplit pas. Le septième jour, tout le monde sait que ça mettra fin à beaucoup d’emplois dans le petit commerce. Tout le monde sait aussi que ça ne créera absolument aucune richesse supplémentaire.

Mais nous, nous savons surtout que c’est une société dont nous ne voulons pas, une société essentiellement matérialiste, une société où la consommation est reine, une société où on ne veut même plus passer du temps pour vivre tout simplement, pour réfléchir, pour être avec sa famille, ses amis, pour participer à la vie associative, pour faire la fête.

Oui, là, il y avait particulièrement dans ce projet, et nos camarades, grâce aux amendements qu’ils ont déposés, grâce justement au droit de l’opposition, ont fait prendre conscience aux Français qu’il ne s’agissait pas d’une petite réforme technique mais qu’il s’agissait vraiment d’un choix de société qui était derrière, et nous l’avons fait reculer.

Alors, mes camarades, sur tous ces sujets, et aujourd’hui Pouria Hamirshahi et Marie-Pierre de la Gontrie, ils étaient là tout à l’heure, je ne les vois plus, ils sont en train, avec plusieurs secrétaires nationaux et beaucoup d’associations, d’y travailler.

Nous allons préparer l’offensive. Bien sûr, la crise économique et sociale, c’est ce qui touche les Français, cela doit nous amener en permanence à être auprès d’eux.

Mais cette attaque contre les libertés, nous devons aussi la porter. Nous serons prêts, quand le président annoncera les réformes institutionnelles, non seulement à contester les changements des modes de scrutin, mais à contester ces atteintes aux libertés, ce droit des immigrés qu’on veut nous faire mettre dans notre territoire, ces expulsions dont on se glorifie, et qui sont une honte pour notre pays dans les conditions dans lesquelles elles sont parfois réalisées.

Nous le dirons.

Je suis d’ailleurs heureuse que Pouria Hamirshahi et Sandrine Mazetier nous aient proposé de signer la charte du réseau Education sans frontières, parce que nous aurions déjà du être là pour dire que nous n’acceptons pas que les parents des enfants scolarisés, c’est-à-dire ayant décidé de s’intégrer dans notre pays, soient exclus comme ils le sont, que nous n’acceptons pas qu’on vienne chercher des enfants à l’école entre deux policiers ou leurs parents au petit matin.

Et je l’ai dit, Claude Bartolone y travaille, nous sommes en train de faire en sorte qu’au mois de mars nous soyons prêts pour une grande manifestation des élus, des militants, pour défendre nos institutions mais aussi les libertés, parce que c’est la République qui est en cause. Et quand la République est en cause, les socialistes sont là. Je n’ai pas parlé de la laïcité, on pourrait aussi en parler.

Vous en avez déjà beaucoup parlé, avec Mireille Le Corre, avec Bruno Julliard, mais nous sommes là aussi avec Razzy Amadi, auprès des services publics car ces derniers font partie de la République.

Je n’en dirais pas plus mais ce que Bruno vous propose, c’est-à-dire que nous soyons capables dans toutes nos sections, toutes nos fédérations, de travailler avec force sur l’éducation pour montrer deux choses : d’abord, ce que les lois et les décisions prises par Darcos entraînent aujourd’hui comme effets néfastes dans nos communes, dans nos collèges, dans nos lycées. Mais que nous soyons aussi capables de montrer ce que les socialistes ont fait pour contrebattre cela, par exemple en mettant en place un soutien aux enfants les plus en difficulté, des projets éducatifs globaux.

Nous allons commencer là à rentrer dans un travail de fond pour nous aider à préparer notre projet, car pour les socialistes l’accès à l’éducation est structurant dans notre projet.

Nous voulons porter chacun au plus haut, nous voulons élargir les programmes scolaires, nous voulons donner une chance à chacun des enfants. Bruno a bien fait de dire ce matin qu’il tient à un problème de moyens, mais que c’est aussi un problème de nouvelle pédagogie, c’est un problème d’organisation, c’est mettre des psychologues, c’est mettre des pédagogues à côté des enseignants et leur donner les moyens de bien remplir leurs missions.

Donc là aussi, nous allons travailler dès maintenant car c’est un sujet majeur pour le projet que nous allons préparer.

Alors, cela, ce sont les chantiers d’aujourd’hui, mais tout cela porte en germe ce nouveau modèle de société que nous, socialistes, nous voulons porter.

Nous avons répondu sur le plan économique et social mais il y a déjà en germe, non pas les réponses finales, mais d’une autre répartition des revenus entre capital et travail, d’une autre répartition de la fiscalité entre fiscalité directe et indirecte.

Dans les propositions à la commission Balladur, il y a déjà en germe les propositions d’une nouvelle République plus démocratique, que nous sommes en train de proposer. Dans la défense des hôpitaux et de l’Éducation nationale, il y a le renforcement des services publics qui donnent une meilleure réponse plus personnalisée à chacun que nous voulons proposer dans notre projet.

Ce projet, mes camarades, je vous propose de parler de sa méthodologie et de son calendrier dans les mois qui viennent.

Ensemble, dans tout le parti, pour qu’au mois de juin, après les élections européennes, nous soyons capables de garantir cet échéancier qui nous mènera fin 2011, avec le projet des socialistes, ce nouveau modèle de société qui remet l’économique devant le financier, qui met une justice dans tous les droits et dans la répartition des revenus et qui prépare l’avenir.

Nous allons y travailler ensemble. J’ai demandé à Pierre Moscovici de préparer la première convention que je vous propose de mettre en place en fin d’année où nous essaierons de regarder quel nouveau modèle économique et social, quelles valeurs, quel type d’organisation nous devons mettre en place avant de décliner dans d’autres conventions ce projet que nous voulons voir naître pour la fin 2011. Et pour cela, nous avons besoin de tout le Parti.

Nous avons besoin d’abord des militants, ils vont nous faire remonter leurs propositions et la façon dont ils sentent aujourd’hui notre société. Nous avons besoin des élus, qui dans le forum des territoires, que préside Marylise Lebranchu avec beaucoup d’autres camarades, que nous soyons capables d’échanger sur nos pratiques qui vont elles aussi alimenter notre projet.

Ne réinventons pas ce que nous faisons bien, dans nos régions, nos départements, nos villes, sur l’agenda 21, sur la démocratie participative, sur la chance donnée à chacun en matière d’éducation, sur les projets économiques, sur les transports, sur comment faire la ville du 21e siècle. Voilà par exemple des thèmes sur lesquels nous allons travailler.

Et puis nous avons ce laboratoire des idées, que Christian Paul anime.

Ce laboratoire des idées, je l’ai dit quand nous nous sommes retrouvés en décembre, doit être le think tank de tout le Parti socialiste.

Je souhaite que tous ceux qui travaillent avec les uns et avec les autres continuent à travailler avec l’un ou avec l’autre mais qu’ils travaillent aussi dans notre Parti.

Dans ce laboratoire des idées où nous allons discuter et réfléchir, avec des intellectuels, des experts, des syndicalistes, des membres des associations, mais aussi discuter des propositions qui nous seront faites par nos camarades et qui reviendront de toutes les sections et de toutes les fédérations. Je crois que c’est ainsi que nous arriverons à porter un projet qui viendra de la société mais qui sera aussi alimenté par ceux qui travaillent, par ceux qui réfléchissent sur cette société et sur la façon dont elle avance.

J’espère donc qu’en juin nous pourrons arrêter la méthodologie et l’échéancier de ce projet avec un grand rendez-vous en fin d’année.

Et puis en même temps, il nous faut porter l’autre grand chantier, la rénovation de notre parti, que j’ai confiée à Arnaud Montebourg. Beaucoup de camarades dans les fédérations sont aussi chargés de cette rénovation. Nous avons commencé cette rénovation, par exemple, par la composition du secrétariat national, du bureau national, paritaire, 20% de diversité, mais je n’aime pas ce mot, il va aussi falloir qu’on trouve autre chose pour le dire.

Tout simplement aux couleurs de la France, par l’âge, la région, la culture. Un renouvellement.

Nous nous disions ce matin, avec Bertrand et François, quand on regardait la scène, ça nous donne un coup de vieux ! ça nous donne toujours un coup de vieux, d’ailleurs, tant mieux !

Tant mieux ! Voilà, ce sont les nouvelles générations qui arrivent, avec la force de leur engagement et aussi des nouvelles propositions. C’est ça aussi le renouvellement des idées du Parti socialiste.

Et puis nous devrons nous interroger sur une nouvelle militance. La nouvelle militance nous la commençons sur notre projet économique et social. Nous allons réunir les Français pour leur parler de leur avenir, des atouts de la France, de ce que nous proposons.

Nous devons ouvrir par des réunions, certains camarades l’ont déjà dit, qui sont organisées autour de l’éducation, autour de l’hôpital, de la Poste, de la bioéthique, d’Alzeihmer, où en sommes-nous ? que voulons-nous proposer ? _
Tout cela préparera les Français pour se dire que oui, une société développée est une société qui dépense plus pour l’éducation, pour la santé et qui se pose un peu moins le problème de l’accès à la sur consommation, mais qui en revanche, donne à ceux qui n’ont rien ce qu’ils doivent avoir pour pouvoir exister.

Voilà les questions que nous allons préparer les Français à se poser avec nous dans cette nouvelle militance que nous allons mettre en place.

Des nouveaux outils, ça a été dit. Nos deux camarades que j’aurais dû saluer dès le début, Alain Fontanel et Christophe Borgel qui, avec Harlem Désir François Lamy, ont travaillé à cette journée, mais plus globalement à tout le travail que nous avons réalisé, et nous pouvons effectivement les applaudir. Alors il nous faudra continuer cette rénovation. Et je vais le dire, et ça fait le lien avec le sujet majeur d’ici juin que sont les élections européennes, il faut commencer avec les élections européennes. Nous avons dit, nous avons tous dit : « Nous voulons la rénovation, nous voulons changer les choses, nous voulons de la diversité, du renouvellement, du non-cumul. » Camarades, on va commencer, dès les élections européennes !

(Applaudissements)

Je me souviendrai de votre réaction quand j’entendrai un camarade me dire : « Oh, chez nous, c’est un peu différent, tu comprends ? Il faut cumuler à tel endroit ! »

Mardi, nous réunirons la commission nationale, avec l’ensemble des sensibilités de notre parti.

Mardi, nous allons proposer à l’ensemble de cette commission électorale des règles : des règles de non-cumul, des règles de renouvellement, des règles sur la parité et sur la diversité, mais aussi une charte que chaque camarade qui demande aux militants d’être représenté et d’être peut-être demain, potentiellement, député européen, s’engage à faire tout le mandat et ne revienne pas pour aller aux législatives au milieu du mandat.

Sauf si le Parti le lui demande, bien évidemment. Non, nous allons nous y engager, et je crois que c’est cela aussi la politique, et la crédibilité de la politique telle que nous voulons la porter. Nous avons dit des choses, nous allons les faire. Ce ne sera peut-être pas facile, mais on va y arriver. Et je le dis comme le pense l’ensemble de la majorité, et je pense de ceux qui ne sont pas encore dans la majorité. Nous allons proposer des règles, mais nous espérons réellement que ce sont les premiers fédéraux, dans chaque grande région, avec les grands élus, qui seront capables de nous proposer une liste, une liste pour gagner les élections européennes. Et moi je serai heureuse si ici, au national, nous n’avons pas besoin de trancher, si les camarades sur le terrain se sont dit : « Voilà ceux qui, quelle que soit la motion à laquelle ils appartiennent, même si la proportionnelle est la règle, qui doivent nous représenter. »

Et moi, je le dis très simplement, s’il y a un camarade de telle motion qui est mieux placé et que la motion a son quota, nous devons choisir le meilleur car nous devons gagner ces élections européennes. Voilà !

Mais l’essentiel, sur l’Europe, c’est le projet. Evidemment, les listes de nos candidats, c’est très important puisqu’ils vont porter ce projet, mais ce projet, nous y travaillons déjà. Et moi, je ne veux plus parler du passé. Je l’ai toujours dit parce que je l’ai toujours cru : il n’y a que des européens au Parti socialiste, et il n’y a pas de projet de gauche sans projet sur l’Europe. C’est encore plus vrai aujourd’hui que ça ne l’était avant la crise financière, et ça l’est encore plus aujourd’hui, où les Etats-Unis ont élu Obama, et où des contacts commencent avec la Russie de Poutine ou de celui qui le remplacera, vu ce qu’il se passe aujourd’hui.

Nous devons être capables de porter, avec nos camarades, socialistes et socio-démocrates européens, un projet, un projet commun, car en juin, c’est là qu’il faut agir. Ce projet, il a déjà été adopté à Madrid le 1er décembre, par les 33 pays à l’unanimité. Ce manifeste, il faut bien dire que la crise est passée par là, si vous le lisez, il va vous étonner. C’est ce que nous demandons, nous, socialistes, depuis longtemps. C’est effectivement une Europe qui met l’euro au service de la croissance et de l’emploi, une Europe surtout qui pense d’abord à ceux, les hommes et les femmes qui la composent, qui prévoit un salaire minimal, qui propose une directive générale sur les services publics, qui propose la clause sociale pour qu’aucun pays n’abaisse sa législation au regard de la législation européenne, qui dit : « Nous devons être les champions du monde du développement durable, mais aussi de la lutte contre les discriminations », qui dit aussi que l’Europe, qui rappelle que l’Europe est d’abord porteuse de paix dans le monde, et d’un autre rapport entre le nord et le sud.

Ce manifeste, c’est la base de l’engagement que nous porterons. Mais nous travaillons actuellement avec tous nos camarades pour faire un projet qui soit le projet des socialistes français s’appuyant sur ce manifeste européen, et étant capables de dire clairement aux Français : sans l’Europe, nous le savons aujourd’hui, une Europe dont on aurait besoin pour avoir un vrai plan de relance européen, comme l’ont demandé les leaders à Madrid le 1er décembre, cette Europe dont nous savons que si elle n’est pas là avec nous et si elle continue sa marche libérale, nous ne pourrons pas nous-mêmes porter le nouveau modèle de société. Donc nous savons que notre rendez-vous européen, ce n’est pas seulement le premier rendez-vous électoral pour le Parti socialiste à partir d’aujourd’hui, c’est un rendez-vous majeur si nous voulons changer les choses. Et tout le Parti socialiste sera avec les socialistes et les socio-démocrates européens pour gagner ce Parlement, pour porter un candidat à la place de Barroso, car Barroso, Berlusconi, Sarkozy, ce n’est pas notre Europe !

Alors oui, il nous faudra cette nouvelle Europe, et c’est le combat que nous allons mener, mes camarades, avec un projet, et nous vous proposerons dans quelques jours de nous adresser aux Français en leur disant : oui, on a beaucoup critiqué l’Europe, mais nous voulons retrouver l’enthousiasme des pères fondateurs, nous voulons leur rappeler que l’Europe est le seul continent qui pense que les hommes et les femmes sont maîtres de leur destin. Ne nous en remettons pas au marché, aux forces mécaniques du marché, ni à la fatalité, ni à des forces supérieures, nous nous en remettons à la volonté des hommes et des femmes de changer la société. C’est cela le continent européen, que l’on a oublié dans sa force et dans ses valeurs, avec l’humanisme accroché au cœur, celui du combat ouvrier. C’est cela que nous devons dans l’Europe que nous allons défendre au mois de juin pour porter ce nouveau modèle de société.

Et puis, nous nous tournerons vers les Etats-Unis et vers Obama. Alors là, prenons ce qui est bien, les premières mesures d’Obama. Elles vont évidemment dans le bon sens : la fermeture de Guantanamo, les mesures de libéralisation de l’avortement, la limitation des hautes rémunérations. Il n’a pas fait le discours gauchiste de Sarkozy à Toulon, mais lui, il va le faire, et il va le faire voter. Nous, on l’attend toujours : les lois sur les stock options, les parachutes dorés et les rémunérations trop importantes. Et puis cette relance économique, très parallèle à notre projet, qu’il est en train de proposer, s’appuyant, comme nous, sur les collectivités locales, sur le logement, sur la consommation. Alors il faudra lui dire, à Barack Obama, que même dans une période de crise, il doit savoir la responsabilité qui est la sienne en tant que président des Etats-Unis, il ne devra pas être seulement le président des Etats-Unis, il devra accompagner l’Europe dans cette volonté d’un nouveau modèle. Donc nous aurons bien besoin, effectivement, de cette Europe de gauche, non seulement pour nous redévelopper dans un esprit de justice, celui qui est le nôtre, mais aussi pour porter la paix dans le monde. Et moi, je rêve qu’en 2009, Obama et les Européens, après juin, à l’ONU, comme ils l’ont fait en reconnaissant l’Etat d’Israël en 1958, soient capables de reconnaître l’État palestinien, et de mettre les conditions pour qu’Israël vive en paix et en sécurité. Ce serait une belle année 2009. Nous avons tous été coupables, et les institutions internationales dont nous faisons partie en sont les principales coupables. Nous avons laissé faire, et aujourd’hui, ceux qui portent la paix, les colombes des deux côtés, nous disent : « Venez, nous n’y arriverons pas seuls. Parlez avec tous ceux qui nous entourent. Proposez un projet de paix pour que ces deux Etats vivent côte à côte, en se reconnaissant l’un l’autre en paix et en sécurité. » Disons à Obama : chiche, cette année, l’Europe va changer de sens, et avec vous, nous allons proposer au Proche Orient et à tous les acteurs du Proche Orient de porter cette paix que nous attendons tous, car quand on est de gauche, on attend la paix, et on l’attend au Proche Orient. On l’attend pour les deux pays, on l’attend pour ceux qui souffrent. Alors là aussi, je crois que nous devrons nous battre, et que nous devrons être là, et rappeler aussi ce que sont nos responsabilités vis-à-vis de l’Afrique, qui continue à s’enfoncer. Cette année 2008 où l’on a vu les famines, et ces derniers jours où le choléra revient à nouveau. Voilà aussi ce qu’est l’Europe dans la vision des socialistes.

Voilà, mes chers camarades, tout simplement, ce que je souhaitais vous dire. Nous avons une responsabilité immense, et croyez bien que j’ai totalement conscience de la mienne. Aujourd’hui, le parti se remet au travail. Aujourd’hui surtout, le parti est auprès des Français, mais commence à proposer. Notre projet, il est devant nous, nous allons le construire ensemble, en ouvrant les portes et les fenêtres, comme nous avons commencé à le faire.

Mais notre parti, je le dis aussi, il doit être rassemblé et uni. Non seulement parce que les militants nous le demandent, mais parce que les Français ne comprendraient pas que nous ne le soyons pas. Alors je le redis ici : je ferai tous les efforts qui me seront possibles pour que nous soyons capables de travailler tous ensemble à la seule chose qui compte : ce nouveau modèle de société, celui qui portera très fort nos valeurs, que parfois nous avons un peu laissées de côté. Et puis, dans le fond, quel est l’objectif ? L’objectif est que si nous faisons tout ce travail dont j’ai parlé, si nous le faisons tous ensemble, si nous-mêmes capables des débats que seul un grand parti démocratique comme le nôtre est capable de porter, eh bien, qu’est-ce que nous aurons fin 2011 ? Nous aurons le projet des socialistes. Et quand nous aurons le projet des socialistes, les socialistes choisiront leur candidat, et ce candidat, il aura un projet, il aura tous les socialistes derrière lui, et il gagnera, et il portera notre projet ! Voilà mon ambition, c’est la seule !

Ces premiers jours ont été durs pour nous tous : vous avez vu arriver au dernier moment certains appels pour être aux côtés des salariés de la Poste, des hôpitaux. On va essayer d’être meilleurs.

Vous allez maintenant vous mettre au travail pour nous alimenter, irriguer notre projet. Vous avez été, et je vous en remercie, tellement réactifs dans tout ce qui a été porté par nous tous. Vous avez fait des propositions, vous allez nous en faire encore. C’est cela, le Parti socialiste dans sa vitalité, son énergie, mais aussi sa force d’engagement.

Donc moi, je n’ai plus qu’une chose à vous dire. D’abord, cette journée m’a donné un peu plus d’enthousiasme à travailler avec vous, même si je l’avais déjà. Merci. Et puis, tout simplement, bon courage, parce qu’on a beaucoup de travail, mais vous êtes là, donc je sais qu’on va y arriver.


Martine Aubry


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